• Les e-magiciens

    Les magiciens ont rangé leur baguette numérique. Ils vont pouvoir souffler. Il est vrai que durant trois jours et trois nuits, les étudiants ayant participé aux e.magiciens n’avaient guère eu le temps de chômer. L’objectif ? Mettre à l’épreuve leur inventivité pour élaborer des animations en 3D. Le résultat : un feu d’artifice de créativité. 

    Connaissez-vous les e.magiciens ou les rencontres européennes de la jeune création numérique ? 
    Il s’agit d’un festival essentiellement dédié à la créativité estudiantine en termes d’animation et de 3D. 
    Pour sa douzième édition, les e.magiciens se sont déroulés, du 1er au 3 décembre 2010, au théâtre du Phénix à Valenciennes. 
    Je vous invite à un petit tour de piste pour voir ou revoir quelques unes des manifestations proposées.

    Chaînons, chaînons…
    Si je vous dis “Composition chaînée”, vous pensez à quoi ?
    En fait, il s’agit d’une œuvre collective qui réunit treize équipes, composées respectivement de trois étudiants, issus de différentes écoles. Chacun des groupes dispose de trois jours pour réaliser une animation de dix secondes. Ces douze animations seront ensuite sonorisées (bruitage, musique, etc.) puis montées bout à bout, générique inclus, afin d’être diffusées durant la soirée de clôture.
    La Composition chaînée 2010 qui avait pour thème “Du gigantesque au minuscule”, s'est déroulée sous l'égide des JeanClode (un collectif de trois illustrateurs, Nicolas, Mathieu et Sébastien) avec la coordination de Bernard Gabillon (ESAAT Roubaix).


    Animation Chainée 2010
    envoyé par emagiciens. - Futurs lauréats du Sundance.

    La Battle’ R
    Cette fois, il s’agit de neuf équipes, composées respectivement de trois étudiants (un graphiste, un développeur et un musicien). 
    L’intrigue : neuf îlots perdus au milieu de l’océan. Le but : chacune des équipes devra concocter une île qui se déclinera sous la forme d’un jeu. Et des interactions ludiques devront être établies entre chacune des îles.

    Pour que les étudiants soient en mesure de réaliser leurs différents travaux, le festival a mis à leur disposition des locaux
    (au sein du théâtre du Phénix de Valenciennes) et tout le matériel nécessaire, notamment des ordinateurs et des logiciels dédiés (2D, 3D, compositing, montage …).

    Travailler durant trois jours jusqu’au bout de la nuit ; gérer les plantages de logiciels et les ordinateurs qui crame ; tenir tête au froid, à la fatigue. Durant ces trois jours, les étudiants n’ont pas ménagé leur peine. “j’ai découvert que même un Mac pouvait planter !”, lance avec humour l’une des participantes.

    Leurs yeux sont rougis de fatigue, mais l’intensité de leur regard révèle la motivation qui les “anime”. 

    Pour terminer leurs travaux dans les temps impartis, nombre d’étudiants n’hésitent pas à dormir sur place (dans le théâtre), à même le sol, emmitouflés dans des couvertures ou des sacs de couchages.

    Le laboratoire des Images, une métissage étonnant !
    Que se passe t-il quand des étudiants pétris d’animation et de 3D collaborent avec des auteurs/illustrateurs issus du monde de la bande dessinée ? Un choc des cultures !
    Le concept : des étudiants de Supinfocom (écoles françaises d’animation en images de synthèse d’Arles et de Valenciennes), répartis en différentes équipes, s'approprient l’une des œuvres d’un auteur de BD (Rocco, Killofer, les Jeanclodes, Speedy Graphito, Tchikioto…) afin de la transformer en un court-métrage 3D d'une durée d'environ trois minutes. Ce, sous l’égide du dessinateur concerné.
    Et ça fonctionne ? Oui. Mais pas sans douleur…
    Difficile pour ces auteurs de confier leur “bébé en deux dimensions” à des mains qui pensent 3D. En bref, imaginez un jeune chanteur qui interprète le tube d’une star. “Le travail en commun n'a pas toujours été facile. Mais à un certain moment, il faut savoir lâcher prise et les laisser faire”, reconnaît le dessinateur Rocco. Le résultat ? Des métissages parfois curieux mais toujours innovants.

    Parmi les différents courts “transmuté” en 3D, on note le chavirant “Rubika” (dessinateur Guillaume Plantevin) qui relate les mésaventures d’un petit personnage catapulté dans notre monde alors qu’il est issu d’un univers où le centre de gravité est horizontal. À signaler également la restitution sobre et touchante de “L’inventeur” de Jean-françois Martin ou encore l’étonnant métamorphose de “Après moi” de Killofer. Sans oublier “Le fantome de l’apéro” de Rocco et tant d’autres.
    Cet atelier s’est déroulé à l’excellente initiative et sous l’égide de Christian Janicot, directeur artistique à Canal + du Laboratoire des images ; de Pascale Faure, directrice des programmes courts et de Jean-Jacques Beineix, réalisateur (37°2 le matin, Diva, La Lune dans le caniveau…) et producteur.


    Conférences, 

    Au mot “Conférences”, nul doute que certains s’écrient déjà : “Ok, nous on va piquer un somme ! ” Détrompez-vous ! À ces conférences-là, impossible de s’endormir ! Portant sur les animations et les effets spéciaux, elles étaient aussi passionnantes qu’enrichissantes. 

    Un casting de logos

    À commencer par la conférence de Michael Nauzin, chef animateur de Mikros Images (un studio français spécialisé dans la création d’effets visuels) sur Logorama, ce superbe film court en 3D, réalisé à partir de milliers de logos modélisés, qui a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage. “Logorama nous a demandé quatre ans de travail. Nous étions trois, lorsque nous avons commencé. Nous avons fini à vingt personnes.”, explique Michael Nauzin qui a participé à la conception et à la fabrication de ce court-métrage en 3D. Il explique ensuite que Mikros Images (www.mikrosimage.fr), qui a co-produit Logorama, a dû faire un véritable casting de logos. Autre difficulté, il fallait que l’intrigue et l’animation restent crédibles mais sans jamais dénaturer le logo. Un travail de marque.

    Entité démoniaque

    Virginie Bourdin, directrice artistique chez MPC (www.moving-picture.com), l’un des principaux studios londoniens de postproduction, évoque pour sa part, projection à l’appui, les travaux élaborées sur des personnages et des décors de films célébrissimes comme Harry Potter et Les Reliques de la mort. Entre autres, les semaines de recherches et d’essais pour concrétiser l’aspect physique de Voldemort lorsque, lancé dans une folle course-poursuite contre Harry Potter, il se transforme en une entité démoniaque faite de fumée. Toujours dans Harry Potter, l’art de restituer l’effet distorsion d’un corps solide. Pas simple.

    Regard en temps réel

    Isaac Partouche de SolidAnim www.solidanim.com, société dédiée notamment à l’animation motion capture (Watchmen, Narnia, Harry Potter 6…)
présente quant à lui sa solution de capture en temps réel. Super pratique pour les previews. “Les yeux sont très difficiles à rendre en images de synthèse, alors qu'ils véhiculent 80 % des émotions”, explique l’homme de l’art. Et pour appuyer son propos, Isaac se livre sur scène à une étonnante démonstration : en direct et en temps quasi réel, il intègre, via une petite caméra, ses propres yeux en mouvement aux orbites vides d’un personnage en 3D projeté sur grand écran. Magique !

    Parmi la pléthore de manifestations, à citer également, entre autres :
    L’Asian Corner et sa projection de films japonais lauréats d’un concours effectué au pays du soleil levant.
    L’occasion d’apprécier nombre de styles et de techniques de réalisation différents. Etonnant ! 
    Pour ma part, j’ai été emballée par l’étourdissant “Rock’n’ roll in my bed” (www.youtube.com/watch?v=caG7EkX2H3M ) de Shuhei Shibue.
    La Jifaa, le cinéma d’animation en Algérie, sous la coordination de l’Association Culturelle Patrimoine
    Le Forum Emploi, une première aux e.magiciens, organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie Nord de France en partenariat avec l’AFJV (www.afjv.com), avec des propositions de postes liés au secteur : développeur Flash, graphiste 2D, infographiste 3D, web designer, développeur web/ intégrateur, développeur gameplay… Un succès : près de trois-cent candidats dès le premier jour.
    Le journal en direct en collaboration avec l’école d’architecture de Marseille
    Le Web documentaire


    Sans oublier l’événement final : la remise des prix durant la soirée de clôture, dont :

    Prix de la Presse (Sonovision/3D Mag Oracom/Repérages/Zewebanim)
    Szofita Land – MOME Budapest
    Mentions de la Presse
    D’une Rare Crudité – Supinfocom Arles
    Condamné à vie – La Cambre
    Prix Canal+
    Stanley Pickle – National Film School
    - Prix du Public (chèque cadeau à la FNAC)
    Mortys - ESMA
    Prix du Jeune Talent SCAM
    Telegraphics - Supinfocom Valenciennes

    Rappel pour mémoire, les e.magiciens ou Rencontres Européennes de la Jeune Création Numérique ont été créées en 1999, à l’initiative de la très dynamique Marie-Anne Fontenier, directrice du groupe Supinfocom. Un grand bravo à elle et à tous les organisateurs pour leur énergie et leur formidable travail de coordination.


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :